GOLFIKA
LE CROSSAGE EN PLAINE, AUJOURD'HUI
 
  
 
 Une vue du match Belgique-France. Octobre 2000.
  
 
  
  Emile Zola nous a donné une belle description de la chôle dans son Germinal. Mais ce jeu était pratiqué depuis fort longtemps. Selon Camille Algrain, "en 1262 un testament et une ordonnance française de 1369 relatent que le jeu de crosse était fort commun en France et en Belgique, car les seigneurs ne le dédaignaient point".
 
Mais sait-on qu'aujourd'hui encore ce jeu est pratiqué très régulièrement et avec une grande passion autour de Maubeuge, en France, et de Mons-Borinage en Belgique. L'assemblée générale du jeudi 18 avril 1968 marque le renouveau de ce sport qui verra la création du Groupement des Associations Françaises de Crosse-Golf.
 
On trouve aujourd'hui (2000) une vingtaine de sociétés qui continuent d'organiser régulièrement des parties de crosse. Le jeu se joue à travers champs, après le temps des cultures, essentiellement d'octobre à mars.
 
La crosse (canne ou club) est constituée d'un manche (le fût) le plus souvent en bois de hêtre terminé à l'une des extrémités par un "fer". Cette tête métallique possède deux parties : le plat qui frappe la soulette (la balle) lorsque celle-ci est bien placée sur le sol et le pic qui, par sa forme arquée, permet de sortir la soulette des ornières ou la soulever plus haut. L'autre extrémité de la crosse forme la poignée (le manche). Autrefois en corde de chanvre, elle est aujourd'hui faite de lamelles de caoutchouc ou de cuir.
  
 
   
  Cette photographie nous montre une crosse (club) et quelques soulettes (balles) de tailles différentes. Seule la plus petite (posée ici sur la pointe) est aujourd'hui autorisée en compétition.  
  
  La soulette est faite de bois. En compétition, on utilise essentiellement le bois de charme ; sa forme est ovoïde de 45mm de grand axe et 40mm pour le petit. En partie amicale, on joue avec des balles de tailles différentes selon la longueur du coup. Les matériaux les plus divers sont employés mais il est intéressant de noter que le "stap" (bois compressé) donne un ressort extraordinaire. Les mineurs d'antan avaient noté que le bois d'étayage ayant subi d'énormes pressions permettait de fabriquer des soulettes aux propriétés remarquables. Plus récemment on a utilisé des balles en celluloïd ou encore en nylon.
 
Le but du jeu consiste à frapper la balle en un minimum de coups d'un point de départ jusqu'à un but. Aujourd'hui ce but est constitué d'une planche de 18 à 20cm de largeur, haute de 1m80 à 2m. Après trois coups frappés par un joueur, le jouer adverse va "dé-chouler". Il va frapper la balle pour l'éloigner du but ou la placer en position difficile pour le coup suivant.
 
Voilà peut-être la différence la plus notable avec le jeu de golf : le camp adverse interfère avec la balle. Il est toutefois utile de rappeler que dans les règles du jeu de golf, pendant une courte période (de 1851 à 1856) un joueur était autorisé à toucher la balle de son adversaire lorsque celui-ci la déclarait injouable. On pourra consulter à ce sujet le livre remarquable de Kenneth G. Chapman : "The Rules of the Green".
 
 
  
 
  Nous tenons à remercier M.Robert Bourleau, ancien champion de crosse et de jeu de paume, qui par sa très grande connaissance du jeu, son extrême gentillesse et sa générosité nous a permis de vous présenter cette brève histoire du crossage.
  
 
 
Pas Royal mais très Ancien jeu de Crosse (G & S Nijs)  
Les origines du golf  
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